Faut-il manger les animaux ?

Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer.

Voilà un bon moment que je voulais vous parler de ce bouquin… Quand on connaît mes convictions, rien d’étonnant à ce que je veuille le lire à tout prix. A vrai dire, en l’achetant, j’avais une petite idée de ce que je trouverai à l’intérieur : l’élevage industriel et sa souffrance animale inhérente. Ceci dit, il ne s’agit  absolument pas d’un plaidoyer pour le végétarisme, il a surtout le mérite de lancer la réflexion autour de cette nouvelle façon de produire et donc de consommer, ses enjeux éthiques et sanitaires.

Une réflexion qui s’adresse donc à tous. Pourtant, je suis persuadée que les personnes qui l’ont déjà lu ou le liront étaient déjà pour une bonne partie des convaincues. Je ne suis pas du tout dans l’optique d’endoctriner à outrance en végé-militante, ni même de résumer en un article le livre de Jonathan Safran Foer. Beaucoup n’auront pas envie de le lire, par paresse, manque de temps ou désintérêt. Et pourtant, bon nombre de réflexions et de faits devraient être diffusés au-delà de ceux qui voudront bien le lire… Ce que je vais essayer de faire, là tout de suite.

La relation qui unit les hommes et les bêtes est particulière et un mystère depuis toujours. Il y a les animaux de compagnie qu’on cajole et ceux d’élevage qu’on mange, et tout diffère selon le pays où on se trouve : « les Français qui adorent leurs chiens et mangent parfois leurs chevaux, les Indiens qui adorent leurs vaches et mangent parfois leurs chiens ». On refuserait de voir son animal compagnie souffrir pendant qu’on accepte que des milliards d’autres vivent dans des conditions atroces pour une fin de vie des plus sordides. En résumé, « tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres ».

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Végétarien, sois irréprochable sinon rien

Cette semaine encore, je suis tombée sur des crêpages de chignons sur Twitter, Facebook et compagnie sur le débat sans fin qui me fait houspiller, hurler, trépigner… le végétarisme (et plus généralement la défense de la cause animale) ! J’en parlais dans un précédent article : petite végétarienne lobotomisée, j’avais le sentiment que ce choix alimentaire était forcément le résultat des lobbyings écolo et compagnie. C’est ce qu’on me balançait. Et ça commençait déjà à me taper sur le système.

Et puis, ces dernières semaines encore, je tombe sur des questions rhétoriques foireuses, du style : les végétariennes ont-elles compris que des vaches ont été tuées pour leurs sacs en cuir, leurs UGG et compagnie ? J’annonce : on ne mettra jamais tout le monde d’accord. L’enjeu de l’hypocrisie du « je ne mange pas de viande parce que je suis contre la souffrance animale » versus « je m’achète du cuir où là les bêtes ont bien été tuées aussi »

Être végétarien(ne) c’est être irréprochable au quotidien, sinon rien, petit(e) hypocrite.
Pas d’entre deux, pas de nuance. C’est tout ou rien, je te le redis.
Comment peux-tu prétendre défendre la cause animale (son abattage, ses souffrances) dans seulement une partie de ta consommation (régime alimentaire) et non en sa totalité (sacs, fringues, chaussures…) ?

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Végétarienne lobotomisée ?

Et voilà ! Encore une fois cette semaine, je me suis heurtée à l’éternelle incompréhension végétariens – « carnivores » où mes choix alimentaires ne seraient dictés que par la propagande contre l’industrie agro-alimentaire. Et moi, sans recul ni analyse critique, je goberais bêtement tout ce qu’on me dit.

Bizarre. La semaine dernière, le Huffington Post publiait encore un article qui a fait couler beaucoup d’encre et pianoté beaucoup de doigts sur les claviers, posté et re-posté sur Twitter et Facebook : les vaches fournissant Mc Do ne tiennent pas debout. Si le fait d’envoyer des bêtes à l’abattoir alors qu’elles ne tiennent pas debout est interdit depuis la crise de la vache folle, ce sont surtout les mauvais traitement infligés aux vaches qui me font hurler.

Et comme à chaque fois sur ces sujets, c’est le dialogue de sourd… Pourquoi manger moins de viande ? Pourquoi se priver et faire le choix du végétarisme, c’est contre nature. C’est bon, c’est la loi de la jungle… Entre autres.

Ce débat m’a donc vite ramené à un précédent article où mes échanges avec des végétaliennes m’avaient fait remettre en question pas mal de choses et même affirmer plus encore des convictions bien ancrées en moi (bien que certains les trouvent déjà « extrêmes »). J’ai éradiqué de mon alimentation la viande, rouge ou blanche, depuis un moment déjà, par convictions, mais ce n’était pas suffisant.

Je m’explique.

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Cause animale & mode, inconciliables ?

Je vis avec des animaux depuis toujours. Hamster, chat, lapin, chien… Des souvenirs d’enfance, des anecdotes et de bons moments… et je n’imagine pas ne plus en avoir chez moi un jour.

La cause animale est un vrai cheval de bataille, pour moi, au quotidien. Dès que je « milite » pour mes convictions profondes, je me prends souvent des réflexions acerbes comme quoi mon goût pour la mode et les beaux sacs est en complète opposition avec ce que je défends. Ce qui revient, finalement, à douter de mon honnêteté intellectuelle.

Et je vois que c’est la même chose pour certaines de mes blogueuses « chouchoutes », qui doivent tout autant se justifier leurs prises de position, certainement face à des réponses du même style que celles que je peux avoir.

Le débat est long et les implications nombreuses : les abattoirs, la déforestation, le braconnage… alors je pourrais m’exprimer sur des pages et des pages. Mais finalement, je commencerai par répondre à une première question qui revient sans cesse :

Le goût pour la mode et la cause animale sont-ils deux choses absolument inconciliables ?

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