Cause animale & mode, inconciliables ?

Je vis avec des animaux depuis toujours. Hamster, chat, lapin, chien… Des souvenirs d’enfance, des anecdotes et de bons moments… et je n’imagine pas ne plus en avoir chez moi un jour.

La cause animale est un vrai cheval de bataille, pour moi, au quotidien. Dès que je « milite » pour mes convictions profondes, je me prends souvent des réflexions acerbes comme quoi mon goût pour la mode et les beaux sacs est en complète opposition avec ce que je défends. Ce qui revient, finalement, à douter de mon honnêteté intellectuelle.

Et je vois que c’est la même chose pour certaines de mes blogueuses « chouchoutes », qui doivent tout autant se justifier leurs prises de position, certainement face à des réponses du même style que celles que je peux avoir.

Le débat est long et les implications nombreuses : les abattoirs, la déforestation, le braconnage… alors je pourrais m’exprimer sur des pages et des pages. Mais finalement, je commencerai par répondre à une première question qui revient sans cesse :

Le goût pour la mode et la cause animale sont-ils deux choses absolument inconciliables ?

# Cuir, fourrure & compagnie

Je suis révoltée par l’industrie de la fourrure. A la base, ça ne me correspond pas et ça ne fait pas du tout partie de mes goûts vestimentaires. Et puis, quand on voit les innovations textiles et la qualité des fourrures synthétiques, les alternatives sautent aux yeux.

De quel droit les individus suppriment-ils des bêtes dans le seul objectif de gargariser l’égo de quelques unes ? C’est de ça dont il est question. Porter un manteau de vison parce qu’il est cher, parce qu’il n’est pas accessible à tout le monde… Et quand on sait que certaines bêtes sont dépecées encore vivantes et conscientes, électrocutées par deux électrodes à chaque extrémité… c’est le pire du pire. Peu importe qu’il s’agisse de ratons-laveurs, de lynx, de lapins ou autres.

De même pour les cuirs exotiques où les serpents sont dépecés à peine estourbis. Où les crocodiles se marchent les uns sur les autres dans des fermes abominables. Peu importe que certains trouvent l’animal antipathique parce qu’il boufferait n’importe qui d’entre nous dans les Everglades….

J’aime la mode, le shopping et les belles choses, c’est un fait. Et bien que j’aime les imprimés pythons, je me refuse complètement à en acheter et en encourager le commerce de quelque sorte que ce soit. A vrai dire, je n’ai toujours acheté que des sacs en cuir de vache, en me disant que celles ayant servi pour ce cuir étaient de toute façon déjà dans vos assiettes….

Et quand je vois veau/poulain/agneau, je me refuse aussi à acheter. Pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de « bébés ». Et que dans mon petit esprit, je fais un parallèle que beaucoup trouveront hors de propos : comme pour l’être humain quand des crimes portent sur des enfants on trouve ça plus horrible et bien là c’est pareil. Ça me paraît contre-nature de sacrifier des vies en devenir.

# L’industrie agroalimentaire

Je suis végétarienne (à 99% si je suis honnête) par conviction et certainement, par habitude et par goût. Je ne mange pour ainsi dire pas de viande et très très peu de poisson, que je compense par des produits laitiers, du tofu, et autres.

Petite, je mangeais beaucoup de viande et même des abats qui pourraient en écoeurer plus d’un. Et puis, à l’adolescence, j’ai commencé à aimer de moins et moins et même à éprouver un certain dégoût. Je me revois encore mâcher ma viande indéfiniment sans pouvoir l’avaler, des heures interminables à table avant d’avoir fini mon assiette…

Je n’aime pas l’idée de manger de la viande parce que dans ma tête, ça revient à manger du « cadavre » et c’est cette vision des choses qui est souvent sujette à controverses.  Là où certains voient un bout de steak, je vois Marguerite dans son champ à regarder les trains ; là où certains voient un blanc de poulet, je vois Chicken Little et sa famille dans la basse-cour. Alors oui, au final, je sais que c’est bête et que c’est une sensibilité démesurée mais c’est comme ça.

Je n’oblige personne à partager mes convictions et à avoir les mêmes habitudes alimentaires que moi. A une seule condition : que les bêtes ne souffrent pas, aussi bien au cours de leur vie et que lors de leur abattage. Et c’est ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui. Ce pour quoi je suis convaincue du bien fondé de mes idées.

A quel moment 15mn de déjeuner prennent le dessus sur des bêtes aux pattes cassées pendant leur transport, des poules confinées dans des cages d’à peine la taille d’une feuille A4, des porcs qui ne connaîtront que les étroites cloisons qui les encadrent sans jamais voir le jour, etc ?

Et pour finir, deux choses :

Un extrait de Marguerite Yourcenar, Les yeux ouverts :

« Je me dis souvent que si nous n’avions pas accepté depuis des générations de voir étouffer les animaux dans des wagons à bestiaux, ou s’y briser les pattes comme il arrive à tant de vaches ou de chevaux envoyés à l’abattoir dans des conditions absolument inhumaines, personne, pas même les soldats chargés de les convoyer, n’aurait supporté les wagons plombés des années 1940-1945. »

Une précision : ce n’est pas parce qu’on s’intéresse à la cause animale que c’est la seule cause qu’on défend. Qu’on ne s’intéresse ni à la famine, aux maladies génétiques, aux SDF, aux enfants maltraités et compagnie. Ça fait partie des tâcles que je me prends régulièrement… mécaniques et hors-sujet.

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Finalement, tout ce qui me révolte aujourd’hui (que ce soit pour l’industrie de la mode ou l’agroalimentaire), c’est de savoir qu’un animal est considéré uniquement comme un objet de production et de consommation. Et l’abandon en est aussi l’expression : 60 000 cadeaux de Noël ou craquages d’un jour, laissés au bord de la route (ou autre), durant la période estivale…

Voilà, c’était la mise au point – coup de gueule du jour, il en faut bien de temps en temps…

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20 comments to Cause animale & mode, inconciliables ?

  • Merci!
    Je partage également tes idées.

  • Merci et bravo pour ton article.
    Tu dis tout haut ce que pas mal pensent tout bas mais n’ont pas le courage de faire, par peur d’être « taclé », justement.

    Tant qu’il y a aura des êtres humains sur terre, il y aura de la souffrance, de la violence gratuite et de la maltraitance sur autrui (humains et animaux).

    Bises

    • Virginie | Paws & Shoes

      Merci beaucoup Valentine ! Et oui, c’est exactement ça… On va continuer d’agir à notre échelle, c’est toujours mieux que rien ! N’en déplaise aux bien-pensants… ;)

  • Evanonyme

    Je découvre ton blog en même temps que cet article : tu as une nouvelle abonnée sur twitter ! Je me retrouve dans tout ce que tu racontes !!

  • Alors, je partage tes idées, mais je suis allée un peu plus loin au bout de la logique… être végane, ça assure tout de même que les conclusions morales de ces questions d’éthique sont vraiment mises en pratique ;-)

    Oui, parce que les poulettes dont tu parles qui vivent dans du A4, et bien ce sont exactement les mêmes qui pondent des oeufs destinés à la consommation… Et les veaux que tu mentionnes, et bien ce sont les petits des vaches laitières, ceux qui ne serviront à rien puisqu’ils ne donnent pas de lait et qui, après avoir été séparés de leur mère, sont abattus dans les semaines qui suivent la naissance, pour faire de jolies chaussures, de bons fromages (présure) et des petits steaks hachés…
    Et les poissons, tu sais, on ne les entend pas beaucoup crier, mais une agonie de plusieurs heures, ce n’est jamais très fun quand on sait qu’ils sont tout aussi sensibles à la douleur que toi et moi…

    Etre végane et fashionista, ça marche très bien, comme tu le soulignes déjà ! Stella Mc Cartney en est un bon exemple et, pour les petits budgets, le faux cuir, les produits certifiés non testés, et les crèmes sans poudre de lait, ça se trouve partout !

    • Virginie | Paws & Shoes

      Hello Antigone,

      Je connais bien évidemment toutes ces implications et je n’ai pas non plus le détail de tous mes choix alimentaires. Par exemple, concernant les oeufs, je n’achète que des oeufs de poules élevées en plein air. Après tu me diras, il y a toujours un doute : s’agit-il bien de la réalité ou d’un argument marketing.

      Concernant le poisson, j’en suis pleinement conscience et c’est bien pour ça que je précise que je n’en mange que très peu. Explications : quand tu es végétarienne, les gens généralisent facilement en « ne mange pas de viande mais mange du poisson », d’où ma précision. Et quand je dis que j’en mange très peu, c’est simplement quand je fais l’effort d’un manger un petit bout quand je suis invitée chez des personnes qui ont fait l’effort de ne pas me préparer de viande.

      Et oui Stella Mc Cartney en est un très bon exemple :).

      Ceci dit, c’est toujours la même chose. Quand on fait le choix d’être végétarienne, on reproche vite de ne pas aller au bout des choses et de ne pas être complètement vegan, et ainsi de suite. Je trouve ça dommage.

      • Je ne voulais pas du tout être moralisatrice, je trouve ça très bien d’avoir déjà conscience de tout cela et de promouvoir ces idées ! Ce n’est pas rien d’être végétarien, et je ne veux absolument pas prétendre à qu’être vegan, c’est mieux !

        C’est juste que si tu es végétarienne par conviction, alors j’ai du mal à saisir les distinctions opérées (quelle est la différence entre le cuir et la fourrure ? Si tu regardes d’un peu plus près la chaîne de production, il n’y en a aucune) et j’ai peur que ce genre d’appel promeuve malencontreusement le spécisme et la ‘bonne conscience’ de pas mal de gens, qui n’iront pas chercher au-delà de l’argument marketing, effectivement. Je trouve ton article très bien, mais il fallait t’attendre à ce que ceux qui vont ‘un peu plus loin’ y trouvent à redire ;-)

        Pour le poisson, c’est le même souci : dire qu’on ne mange pas de viande, mais qu’on peut manger du poisson, c’est problématique dans la mesure où, dans l’esprit des gens, le poisson n’est plus alors considéré comme de la viande, c’est-à-dire comme un animal. Ce n’est plus que de la chair qui est ‘ok’ pour les végétariens. Et quand on regarde, en plus, l’impact de la pêche et de l’aquaculture en terme de dégâts environnementaux… on n’a pas très envie que les gens se mettent au poisson à défaut de viande ! Dire à tes hôtes que tu ne manges pas non plus de poisson n’est pas plus difficile que de leur dire que tu ne manges pas de viande, il suffit de préciser ce que tu manges et il sera même plus simple pour eux de te faire des pâtes ou des lentilles plutôt qu’un filet de daurade ! ;-)

        Je ne suis pas là pour faire de toi une végane, loin de là ! Mais à propos des oeufs… justement, il y aurait tant de choses à dire des labels… Il y a deux types de labels pour les pondeuses (bio): ‘poules élevées en plein air’ et’poules élevées en libre parcours’ (dit aussi ‘poules qui courent’) Pour obtenir le 1er label, il suffit que les poules soient sorties quelques jours avant l’abattage, ou disposent de 2,5m2 de terrain. Seul le 2nd label semble garantir une meilleure qualité de vie : il nécessite 10 m2 de terrain herbeux par pondeuse. Les oeufs ‘Agriculture Biologique’ sont, en principe, censés répondre à ces exigences : pourtant, dans le cahier des charges Agriculture Biologique, il est bien question d’accès à un parcours herbeux, mais sa taille n’est pas spécifié. Toutes les dérives sont donc possibles : taille de parcours réduite au minimum, accès à ce parcours provisoire (en fin de vie ou à une partie seulement de la journée).

        D’autre part, agriculture biologique ou non, les pondeuses en arrivent à pondre maintenant environ 300 oeufs par an, ce qui est énorme. Si tu élèves une poule, ne compte pas sur un oeuf par jour ! Ces poules sont donc conçues spécialement et exploitées pour pondre et pondre sans relâche, ce qui en dit long sur les contraintes physiologiques qui pèsent sur elles… D’ailleurs, bio ou pas bio, les poules pondeuses vivent un an environ : en principe, une poule a une durée de vie de 5 à 6 ans, voire 8 ans dans le meilleur des cas. Les poules pondeuses sont les plus ‘productives’ la première année : ensuite, leur ponte est moins importante, ce qui pose un souci de rentabilité pour les fermiers. La solution : les tuer. Au bout d’un an, les poules sont envoyées à l’abattoir, qu’elles soient bio ou non.

        Ensuite, il nait autant de poussins mâles que de poussins femelles. Or que fait-on des poussins mâles – ceux qui ne pondront pas ? Et bien qu’on soit dans de l’agriculture biologique ou non, en plein air ou en cageot, on s’en débarrasse… on a le choix : on peut les broyer, les gazer, les jeter vivants dans des sacs plastiques ou de grandes bennes à ordures ou ils étouffent lentement, mais on peut aussi les écraser ou les enterrer vivants… Bref, il s’agit de le faire de la façon la plus économique possible.

        Oh la la, je suis désolée de t’avoir ‘spammé’ tes commentaires par celui-ci : vraiment, je ne veux pas être moralisatrice ou quoi que ce soit, les gens sont complètement libres de faire ce qu’ils souhaitent. Mon but, c’est juste de promouvoir une meilleure information sur ces questions : que chacun fasse les choix qu’il entende, mais en toute connaissance de cause.

        Et désolée encore… je me sens toute honteuse de t’écrire tout cela :-(

        • Virginie | Paws & Shoes

          Ne sois pas désolée Antigone, mon article est aussi fait pour débattre et échanger, pas seulement rouspéter !! =)

          Et je ne fais pas de différence entre le poisson ou la viande quand je vois agoniser des pauvres bêtes dans des filets ou sur le pont d’un bateau… mais dans l’imaginaire collectif, c’est moins pire… alors que pas du tout.

          Je déteste l’idée qu’on utilise les bêtes tant qu’on en a besoin et qu’on les « jette à la poubelle » quand c’est terminé : les poules qui ne pondent plus assez, les vaches laitières trop veilles pour produire du lait etc, comme tu le décris ! C’est un irrespect de la vie au plus haut point.

          Je comprends aussi la confusion dont tu parles mais justement, je ne fais pas de différence entre l’industrie du cuir et de la fourrure, mais j’ai du mal m’exprimer ! (et en l’occurrence, c’est toujours bon de me le dire !) C’est juste que je peux comprendre que dans la continuité de la chaîne alimentaire, certains veulent manger de la viande (comme un lion mangerait un buffle, même si je pense qu’on peut très bien s’en passer) mais pas dans ces conditions. Pour la fourrure, ce n’est même pas motivé par un besoin primaire alimentaire mais par une pseudo idée du beau et du luxe… et c’est ça qui me dérange. Le cuir (toujours sans les conditions d’abattage abjectes), je l’accepte s’il ne s’agit que de la récupération de la peau d’une bête qui a fini en steak… On me dira que c’est très utopique et déconnecté de la réalité, mais c’est plutôt ça que je voulais exprimer :).

          Et félicitations, vraiment, pour ton engagement ! ;)

          • Merci de ta compréhension… j’imagine que cela ne doit pas être particulièrement agréable d’écrire un article engagé et baaam, des vegans qui te tombent dessus ! ;-)

            Tu m’as fait rire avec le cri de la carotte… j’y ai tellement droit ! C’est fou ce qu’on peut se faire casser du sucre sur le dos dès qu’on a un mode de vie un tantinet différent… Dur dur parfois, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras !

            A bientôt :-)

  • Nano

    Bonjour! Je découvre ton article via le Twitter de Valentine. Petite précision: si tu manges du poisson, tu n’es pas végétarienne, puisque ton alimentation implique la mort d’animaux. Et oui, les poissons sont des animaux, ils ne poussent pas sur les arbres ;)

    Et je pense que tu devrais te renseigner sur l’industrie du cuir. Il y a une page OneVoice qui devrait te faire changer d’avis, si tu te soucies du bien-être animal! Bonne continuation!

    • Virginie | Paws & Shoes

      La réponse sur le poisson est juste au-dessus : je n’en mange pour ainsi dire pas donc je suis tout de même à dominante végétarienne et pour la raison que tu cites : il s’agit d’animaux. :)

      Mon avis sur l’industrie du cuir est le même que pour celui de la fourrure et l’agroalimentaire. Je connais la réalité des choses et je ne l’encourage pas. Après, mon engagement n’est peut-être pas suffisant pour toi et je le comprends, mais je m’efforce tout de même au quotidien de servir le plus mes convictions : produits de beauté non testés sur les animaux, consommation éco-responsable & co.

      Je suis loin d’être parfaite mais je voulais quand même souligner qu’on peut aimer la mode etc en ayant quand même à l’esprit la souffrance animale et la dénoncer. D’ailleurs, dans l’idéal, on sortirait complètement de la société de consommation qui pousse à toutes ces pratiques abomninables.

      Disons que quand quelqu’un s’efforce de manger de moins en moins de viande, je ne l’accable pas d’en manger encore mais je soutiens la tendance ! ;)

      • Nano

        Je suis d’accord, tout effort est à valoriser et j’aurais peut-être dû commencer par un encouragement ;)
        C’est juste que je tique toujours sur la mauvaise utilisation du mot végétarien (à force d’entendre « donc tu manges du poisson? ah non? mais tu ne manges RIEN alors! »), sans pour autant vouloir minimiser ta volonté de t’impliquer.

        • Virginie | Paws & Shoes

          Ah mais je comprends tout à fait, j’y ai le droit tout le temps ! « Moi j’ai jamais compris que les gens s’interdisent de manger des trucs ». « Et alors la carotte quand tu la coupes, tu ne l’entends pas crier ?!! » Etc !

          Et n’oublions pas l’argument sempiternel comme quoi on est forcément en mauvaise santé avec plein de carences si on est végétarien… ;)

  • Piiu

    Bonjour. Je suis tombée sur cet article 100% par hasard (en faite, à cause de la jolie photo d’en haut, merci google image). Donc je ne suis pas végétarienne mais j’ai quand même lu l’article car il avait l’air intéressant. Je suis consciente que cet article date un peu mais je tenais à dire ce qui suit.

    Il semblerait que tu défendes la cause animale, que c’est véritablement important pour toi et que tu rends cela publique. Tu t’investis autrement que dans le privé pour cette cause. Cela signifie que ta parole a un impact parce qu’elle est sérieuse, suivie, construite et défendue sur la toile, tu as de l’influence sur les gens et c’est en partie ton but. Du coup tu es responsable de tes choix et de tes dires plus qu’un autre. Et c’est en partie là que ça pause problème.

    Je ne vais pas revenir sur le poisson parce que j’ai lu ce que tu en pensais, d’ailleurs je tenais à dire qu’il est vraiment très poli de ta part de faire un effort quand on t’invite.
    Mais je reviens sur le cuir, parce que là on a affaire à un véritable paradoxe.

    Tu dis que tu en achètes quand même parce que de toute façon le cuir vient d’une vache qui a déjà été mangée. En agissant de cette façon, tu cautionnes le fait d’exploiter la vache pour sa peau.
    C’est un marché qui rends service également à celui de la viande. Très pratique quand même de pouvoir se faire de l’argent sur la viande de la vache ET en plus en revendant sa peau pour qu’elle soit transformée en cuir. Bien oui, l’industrie du cuir va payer les producteurs de viande pour obtenir leur peau… Donc en achetant du cuir par extension tu donnes aussi de l’argent aux producteurs de viande bovine.

    C’est déjà un premier point qui montre l’effarante contradiction dont tu as faites preuve lors de la rédaction de cette article. Mais le plus ironique, c’est qu’avant cela tu parles de la fourrure, expliquant en quoi tu trouves cela immonde et inutile (je suis d’accord avec toi), et tu dis que la fourrure synthétique a une qualité équivalente (là moins d’accord). Alors pourquoi, si ça ne te déranges pas d’avoir une qualité synthétique pour de la fourrure, tu n’achèterais pas du faux cuir ?
    Sans compter que tu fais de l’anthropomorphisme (que tu assumes, ce qui est d’autant plus étrange) sur le sujet des « bébés » animaux. C’est une erreur que de transporter l’humain en l’animal, erreur que de nombreux militants font également et qui a tendance à m’insupporter. Un animal est un animal, certes doué d’intelligence et de certains sentiments, mais ils lui sont propres. Et de toute façon un « bébé » ne souffre pas plus qu’un adulte, et dans l’industrie un adulte a lui aussi sa vie très raccourcie. Utiliser cet argument là pour se justifier était une mauvaise idée. Il ne faut pas se mettre à la place de l’animal pour le comprendre, il faut analyser ses comportements et ses réflexions. Un exemple : je ressens de la compassion pour mon chat non pas parce que je pense que si j’étais à sa place, je ressentirais ceci ou cela, mais parce que je sais qu’il a un système nerveux, ses propres pensées, son vécu, son éducation faites par sa mère et des tas d’autres choses qui lui sont propres et que moi je n’ai pas.

    Mais il y a encore une autre incohérence… Tu dis que pour toi manger de la viande c’est comme manger du cadavre (je ne partage pas cet avis mais je le respecte). Cependant, porter du cuir c’est… porter de la peau de cadavre. Est-ce moins pire ? Non évidemment…

    Avec tout ces éléments il est très difficile d’arriver à te prendre au sérieux. On peut facilement avoir le sentiment que tu prends uniquement ce qui t’arranges. En effet tu expliques que de toute façon, à partir d’un certain âge tu n’aimais plus manger de la viande. Du coup tu es devenue végétarienne, car en plus tu aimes les animaux, tu ne veux pas qu’il souffre. Mais d’un autre coté, tu aimes le cuir, alors tu acceptes de cautionner la mort de vaches pour en porter… On arrive à la conclusion que tu n’as en faite aucune conviction.
    Honnêtement, ça ne m’aurait pas dérangé si tu ne rendais pas tout ça publique, si tu ne donnais pas le sentiment de t’investir etc. Je pense que tu nuis à l’image des végétariens militants avec de tels propos. Fait ce que tu veux, je n’ai pas de problèmes avec tes préférences ou tes choix, mais lorsqu’ils sont aussi contradictoires pour un sujet bien sérieux, je pense qu’il vaut mieux ne pas les exposer.

    Peut-être que depuis la parution de l’article tu as changé de vision, qui sait ! Dans ce cas, je te proposerai d’éditer l’article en bas pour expliquer au mieux certaines choses.

    • Virginie | Paws & Shoes

      Merci Piuu pour ce long commentaire, que je vois un peu tardivement !
      Comme tu as pu le remarquer cet article date d’il y a longtemps et entre temps en effet, mon état d’esprit a évolué. Néanmoins, je pense que tu as mal compris le propos de mon article. L’idée à l’époque n’était pas de justifier ma consommation passée en matière de mode mais les jugements rapides et hasardeux comme celui que tu exprimes aujourd’hui.
      Mon article était lié à un cheminement intérieur que j’exprime clairement : celui des contradictions justement, où l’on est parfois sensible au sort d’un animal mais détaché d’un produit issu d’un autre animal par ailleurs. De mon côté, au fur et à mesure de ma consommation, j’ai commencé à voir plus loin que les arguments que j’exprimais au départ et à justement mettre le doigt sur mes contradictions.
      A vrai dire, je trouve ça assez paradoxal de la même manière d’affirmer (publiquement toi aussi) que tu n’es pas végétarienne mais que tu te soucies à ce point tes défenseurs de la cause animale et de ce qui pourrait la desservir.

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